Très out of Africa (5) Tu danses comme une blanche.

Etape cruciale, la danse, le rythme, le boggie.

Ma sœur et moi dansions comme deux haricots mexicains dans une maracas. Traduction, nous sautillions sur la musique, vigoureusement tels des Zébulons enthousiastes et zélés. Nous n’avions précisément aucune notion du rythme, et magie de l’enfance, nous n’en avions rien à carrer.

Maman nous faisait baigner dans la musique. Principalement, classique ou soul, parsemée des voix veloutées de crooners dont plus personne n’entend parler aujourd’hui, Jim Reeves, les Everly Brothers. Elle était davantage musique pour fille honnête et droite que son psychédélique pour hippie délurée et brûleuse de soutien-gorge. Ce qu’elle devint par la suite, tout en sautant la case de transformation de sous-vêtement en torches flamboyantes.  Bref nous faisions des bonds sur la pop anglaise et le ska que nous appelions tighten-up. Tout au plaisir de secouer nos micro-derrières sur ses notes pleines de légèreté, nous ne réalisions à quel point chacun de nos pas trahissait notre statut de lost in « whititude ».

Jusqu’au jour où notre grand frère, Emmanuel, le fils de mon oncle, entra dans notre vie. Il arrivait  porteur d’une musique que nous ne connaissions pas. En fait de musique africaine (sic !) nous écoutions et bondissions sur Ebenezer Obey et c’est un exploit ! C’est ainsi que Manu Dibango, Toto Guillaume, Michael Jackson, Fela Ransom Kuti, James Brown, Bon Marley dans le désordre avec une horde d’autres chanteurs incroyables, firent irruption dans  notre quotidien si soyeux.  Et c’est aussi par ce biais que nous découvrîmes avec horreur que nous dansions « comme des blanches ».

Où va donc se loger la couleur ? Dans le groove (ou son absence en l’occurrence).  Dans la façon syncopée dont nous trahissions systématiquement le beat. Il semble que le rythme soit dans nos veines. Chez nous il était en état de latence. Mais nous l’avons réanimé. En prenant  l’habitude de copier les danseurs à la tévé et nos cousines lors des soirées mémorables  organisées par notre mère. Nous apprîmes à « casser » les reins, à « drop it like it’s hot », et autre bas –la-terre.  Le rythme peut s’acquérir nous en sommes la preuve.  (Bon n’irai pas crier ça sur les toits au Cameroun, de peur de déclencher  des soukouss  de rires…)  Je ne suis pas devenue une vixen de vidéo-Clips fumants  pour autant, mais je me défends sur le dance- floor.

Comme une black.


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